Sicile 2016page 1/3

Du 15 au 24 avril 2016

Posée au cœur de la Méditerranée, la Sicile est une terre d’exception marquée par une forte identité. Elle offre des paysages aussi beaux que diversifiés et possède un patrimoine culturel d'une grande valeur historique. Au printemps, le pays se pare de couleurs aussi variées que le vert des collines douces cultivées d'oliviers, le bleu de la mer, le blanc des cimes enneigées de l'Etna ou les ocres des terres chauffées par le soleil. Les campagnes exhalent le parfum des fleurs d’oranger et le maquis le myrte, le thym et l'arbousier.

Notre séjour fut scindé en 3 parties : 4 jours dans les monts Iblei, 2 jours dans la région de Ficuzza au sud de Palerme, et pour finir 2 jours dans la région de Taormina et de l'Etna. Les journées de liaisons entre ces 3 contrées ont été l'occasion de visiter Piazza Armerina (Villa del Casale) et de prospecter dans les monts Nebrodi (Roccella Valdemone). Sur le plan des observations, l'avancée des floraisons ne nous a pas permis de voir autant d'espèces que lors de nos voyages précédents (11 au 19 avril 2002, 16 avril au 1er mai 2005). Les taxons qui normalement sont à leur optimum début avril étaient fanés et nous avons trouvé très peu d'hybrides. Nous avons en revanche bien profité des espèces tardives.

Carte de situation. Les principaux sites visités sont repérés par les points mauves.

Après une nuit à Catane, nous mettons le cap sur l’intérieur des terres. Pour voir les belles orchidées de Sicile au mois d'avril, il faut en effet s'enfoncer dans l’arrière-pays et gagner un peu d'altitude. La vaste chaîne calcaire des monts Iblei, dans la partie sud-est de l’île, constitue un terrain de jeu idéal où les plantes sont faciles à observer. Elles sont présentes en nombre au bord des routes ou dans les prairies et pinèdes auxquelles on accède en utilisant des échaliers (sorte d’escalier formé de traverses de bois qui permettent de franchir les clôtures).

Campagne sicilienne. Pois fourrager (Pisum sativum)

Nous prospectons essentiellement les pelouses sèches dans les environs de Sortino, Buccheri, Ferla, Pantalica, Palazzolo Acreide à des altitudes comprises entre 400 et 1000 m. Les espèces visibles sont assez nombreuses à commencer par les omniprésents Ophrys speculum, Op. lutea (qui sont ici de taille modeste) et les Serapias bergonii.
Moins fréquents, bien que relativement répandus, les Ophrys bertolonii, Op. sicula, Op lunulata, Orchis italica, viennent compléter le cortège de fleurs qui parsèment les pelouses sèches de ces reliefs karstiques.

Op. bertolonii (haut) et Op. lunulata (bas) - Sortino et Pantalica (16 & 17.04.16)

Les espèces plus précoces comme Op. bombyliflora, Op. incubacea, gackiae, Ana. longicornu ou Ana. papilionacea sont dans l'ensemble passablement fanées. Inutile de chercher les Ana. collina, Op. bertolonii subsp. explanata, ou encore Op. exaltata qui ont disparu depuis longtemps. En revanche, les espèces tardives comme Op. oxyrrhynchos, Op. calliantha et Op. biancae (syn. Op. discors) sont en pleine floraison vers Pantalica et le Monte Grosso. C'est aussi le début des magnifiques Ophrys lacaitae, une espèce emblématique de la Sicile.

Ophrys oxyrrhynchos - Pantalica et Mazzarrone (17 & 18.04.16)

Ophrys calliantha - Pantalica et Mazzarrone (16 & 18.04.16)

Ophrys biancae (haut) et Ophrys lacaitae (bas) - Pantalica (16 & 17.04.16)

Inévitablement, nous croisons des spécimens intermédiaires entre ces quatre dernières espèces. Il s'agit probablement d'hybrides mais l'amplitude de variation de ces différents taxons vient compliquer les déterminations. D'autres hybrides comme le spectaculaire Op. apifera × speculum sont plus faciles à identifier.

Divers hybrides d'Ophrys (Les noms des espèces apparaissent lorsqu'on passe le pointeur sur les photos)

Nous découvrons également quelques espèces plus confidentielles comme l'Op. flammeola, la variété siciliensis de Serapias orientalis ou encore Neotinea commutata qui se distingue de N. tridentata par une inflorescence au sommet plus pointu, des fleurs plus grandes, aux franges irrégulières et aux sépales distinctement disjoints.

Ophrys flammeola, Serapias orientalis var. siciliensis, Neotinea commutata - Sortino, Pantalica, Cappellano (16 au 19.04.16)

L’une des caractéristiques du territoire sicilien est la présence de toutes les variétés de plantes grasses : agaves gigantesques, une infinie variété de cactées et les incontournables figuiers de Barbarie. Ceux-ci forment parfois des clôtures naturelles très efficaces.

Comme de nombreux villages siciliens perchés sur les collines, Vizzini offre des vues panoramiques sur les paysages de campagne

Les villages siciliens typiques, accrochés sur les hauteurs ont conservé leur physionomie rurale. Leurs ruelles étroites sont plus adaptées à la circulation en scooter qu'en voiture. Sur les hauteurs de Buccheri, on peut admirer au nord la silhouette massive et impérieuse de l'Etna, distant d'une soixantaine de km.

Le village de Buccheri

L'Etna depuis les hauteurs de Buccheri

Au sud se dresse Le Monte Lauro (987 m), point culminant des Monts Iblei. Son sommet est situé sur la commune de Buccheri, dans la province de Syracuse, mais ses pentes en partie boisées s'étendent sur les trois provinces de Catane, Raguse et Syracuse. Il concentre une impressionnante forêt d'antennes hertziennes qui diffusent chaines de radio et de télévision sur une majeure partie de l'île, mais son intérêt pour nous est tout autre. Outre de nombreuses espèces d'orchidées comme Ana papilionacea, longicornu, Orchis provincialis, Ophrys tenthredinifera ssp. grandiflora, archimedea, gackiae, c'est ici que l'on peut observer le rare et très localisé Ophrys laurensis.

Ophrys laurensis (haut), Ophrys gackiae et Op. tenthredinifera ssp. grandiflora (bas) - Monte Lauro (17.04.16)

Forêt d'Eucalyptus - Monte Lauro (17.04.16)

 

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