Crète 2015page 1/3

Du 10 au 19 avril 2015

Paysage vers le village de Kouroutes (Κουρούτες).
En arrière plan, le versant sud du mont Psiloritis, point culminant de l'île


Située aux confins de l’Europe, la Crète abrite une flore exceptionnelle présentant un haut degré d'endémisme. C'est une destination très prisée des botanistes et en particulier des amateurs d'orchidées qui au printemps peuvent y observer pas moins d'une soixantaine d'espèces dont une trentaine d'Ophrys.
La Crète est la plus grande île grecque, et la quatrième île de la Méditerranée après la Sicile, la Sardaigne et Chypre. Elle s'étend sur 260 km d'est en ouest et sur 60 km du nord au sud. L'île est montagneuse avec trois grands massifs calcaires: les Lefká Óri ou Montagnes blanches (2 453 m) à l'ouest, le massif du mont Psiloritis (2 456 m) au centre (le point culminant de l'île) et le massif du Mont Dikti (2 148 m) à l'est.
L'olivier, qui occupe une grande partie des plaines et des collines, est un élément indissociable des paysages crétois. Avec la vigne et les cultures maraichères, il constitue le principal revenu agricole de l'île. Mais la ressource croissante de la Crète est son énorme potentiel touristique, associant mer, soleil, montagne, culture et sites archéologiques.

Carte de la Crète (©Eric Gaba)

Notre premier voyage en Crète date de 2003. A l'époque nous avions découvert les orchidées crétoises en nous rendant sur quelques sites décrits dans le livre de Kretzschmar et Eccarius "Orchideen auf Kreta, Kasos, Karpathos". Douze ans plus tard, l'exploration de nouveaux lieux comme le plateau d'Omalos ou le massif de Thripti nous a permis de voir d'autres paysages,… à défaut d'observer de nouvelles espèces. Il faut dire que l'année 2015, ne fut pas favorable aux orchidées. Les épisodes neigeux qui se sont prolongés tard dans la saison ont eu raison des plantes d'altitude. Plus bas, dans les vallées, ce sont les chèvres et les moutons en semi-liberté qui se sont chargés du nettoyage des pelouses.

La première étape de notre séjour fut Héraklion, sur la côte nord. Cette ville à l'urbanisation déroutante ne possède pas vraiment de quartier historique. Détruite à plusieurs reprises, notamment durant la seconde guerre mondiale, elle forme un ensemble hétéroclite où se côtoient églises byzantines, palais vénitiens, bâtiments néoclassiques et immeubles de béton construits dans les années 1950.
Le soir, nous profitons des derniers rayons de soleil pour faire une ballade le long des quais du port vénitien. La forteresse de Koules, à l'extrémité du port, offre de beaux points de vue sur la mer et les montagnes crétoises aux cimes enneigées.

Héraklion

A une quinzaine de km au sud, dominant le village d'Archanes, se trouve la colline de Giouhtas (Γιούχτας). La piste qui permet d'accéder à son sommet traverse des phryganes et une portion boisée où nous observons nos premières orchidées : Orchis anatolica, Or. pauciflora, Or. quadripunctata, Ophrys cretica, Op. bombyliflora, Op. cretensis, Op. mammosa subsp. doerfleri, Op. phryganae, Op. tenthredinifera subsp. leochroma, sans oublier un splendide hybride Op. bombyliflora x cretica. Ce site offre en outre de beaux points de vue sur le golfe d'Héraklion, le massif du Psiloritis et les collines environnantes plantées de vignes et d'oliviers.

Panorama depuis la colline de Giouhtas (11.04.15)

Orchis quadripunctata et Orchis pauciflora - Colline de Giouhtas (11.04.15)

Ophrys cretica subsp. ariadnae et hybride Op. bombyliflora × cretica - Colline de Giouhtas (11.04.15)

Sur place, on s'est trouvés confronté, comme d'habitude, aux éternelles difficultés de détermination de certaines espèces. En particulier, Op. cretica et Op. ariadnae qui s'évertuent à brouiller les pistes en ne prenant pas la forme qui est indiquée dans les livres. Il y aussi des représentants du groupe fusca que nous avons été bien en peine d'identifier. L'inflation du nombre de taxons décrits ces dernières années (Op. kedra, phaidra, pallidula, thriptiensis, creticola, etc.) ne facilite pas la chose mais cela fait aussi le charme et l'intérêt de ces voyages botaniques.

L'Olivier et la phrygane: deux éléments indissociables de la la campagne crétoise.

En marge des orchidées, nous observons pour la première fois la renoncule asiatique ...

Renoncule asiatique - Agies Paraskies (11.04.15)

Village de Filisia avec en fond le massif de Dikti (11.04.15)

De retour sur Héraklion, nous ne manquerons pas de faire un détour par Knossos et son fameux site archéologique, témoignage de la grandeur et du raffinement des civilisations minoenne et mycénienne (2700 à 1100 av. J.-C. environ).

Site archéologique de Knossos

Fresque des Dauphins

Notre deuxième étape sera Gerakari, un petit village niché aux creux des montagnes du centre de l'ile.
Nous sommes ici très proches du fameux plateau de Yious Kampos (Γιούς Κάμπος). Ce site qui s’étend sur une superficie d'environ 2,5 km² avec une altitude moyenne de 750 m, est réputé pour sa flore très riche qui comprend de nombreuses plantes endémiques. En particulier, la tulipe sauvage rouge (Tulipa doerfleri), l'une des rares espèces indigènes de tulipes en Crète et bien sûr de nombreuses espèces d'orchidées.

Panorama depuis le plateau de Yious Kampos (12.04.15)

Ce site très fréquenté par les orchidophiles européens est habituellement à son optimum début avril. Malheureusement, l'hiver a été particulièrement froid cette année dans cette partie de la Crète. Des épisodes neigeux se sont prolongés très tard, le dernier ayant eu lieu quelques jours avant notre arrivée. Résultat : ce qui aurait dû être le top fut un flop avec pratiquement pas d'Ophrys et des Orchis abimés par le gel.
A force de persévérance, nous finissons par repérer quelques spécimens présentables d'Op. creberrima, Or. italica et Neotinea lactea.

Plateau de Yious Kampos : Op. creberrima, Or. italica, Neo. lactea, T. doerfleri, T. saxatilis (12-14.04.15)

 

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